Les solutions

Action contre la faim

© Raphael de Bengy / Burkina Faso / 2012

A causes multiples, solutions multiples !

Pendant 40 ans, les efforts pour éradiquer la sous-nutrition se sont concentrés sur l’augmentation de l’apport en calories. Or, ce fléau est au carrefour de plusieurs facteurs, directs comme indirects :

  • la sécurité alimentaire et l’agriculture ;
  • l’accès à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement ;
  • l’accès à la santé et à la protection sociale ;
  • l’amélioration du statut des femmes ;
  • l’éducation ;
  • la prévention contre les effets du changement climatique.

Il faut donc que les gouvernements, la communauté internationale et la société civile travaillent ensemble. Ils doivent accorder autant d’importance à la prévention qu’au traitement de cette maladie et agir sur l’ensemble de ces secteurs : même traitée, la sous-nutrition peut avoir des effets sur la santé d’un enfant à long terme.

Sécurité alimentaire et agriculture

 

Assurer une nourriture suffisante et de qualité pour chaque enfant. Aider les communautés à se préparer et à réagir  aux crises alimentaires, renforcer leur résilience et construire leur autonomie alimentaire sur le long terme.

 

Chaque soir, dans le monde, 1 personne sur 8 s’endort en ayant faim. Beaucoup de familles vulnérables n’ont pas assez de terrain à cultiver ou assez de revenus pour acheter de quoi se nourrir. La privation soudaine de nourriture est l’une des causes de la sous-nutrition aiguë. Sans nourriture, les enfants n’ont pas l’énergie vitale pour survivre et sont beaucoup plus sensibles aux infections comme le paludisme, la tuberculose ou la pneumonie.

Les privations brutales de nourriture peuvent être liées à une situation d’urgence (catastrophe naturelle, déplacement de population…) Aucune famille ne doit se retrouver dans l’incapacité de nourrir son enfant : de telles circonstances doivent susciter des réponses gouvernementales immédiates, afin d’assurer très rapidement un accès à l’aide alimentaire pour les populations.

Sur le long terme, la priorité doit être de garantir l’autonomie alimentaire des communautés, en leur donnant les outils nécessaires pour subvenir à leurs propres besoins, par l’agriculture, l’élevage ou toute autre activité génératrice de revenus. Sur le plan agricole, les gouvernements doivent assurer aux familles un accès à la terre et aux connaissances permettant de développer une agriculture durable et nourricière. Enfin, il faut assurer la sécurité alimentaire et les moyens d’existence des populations à la ville comme à la campagne, faim et sous-nutrition n’étant pas seulement des problématiques rurales.

Accès à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement

 

Donner à chaque enfant un accès à une eau propre et à des conditions d’hygiène décentes.

 

768 millions de personnes n’ont toujours pas accès à une source d’eau améliorée. Pire, 1,8 milliard de personnes boivent de l’eau contaminée par des matières fécales. Près d’1/3 de la population, soit 2,4 milliards de personnes, n’ont pas accès à des toilettes et à des moyens d’hygiène satisfaisants.

De ce fait, chaque jour, des milliers de personnes tombent malades à cause d’une eau contaminée. Ces maladies, qui se répandent ensuite dans les communautés, sont un facteur aggravant pour la sous-nutrition des enfants. Un enfant atteint de diarrhées ne peut absorber correctement les nutriments essentiels à son organisme : il perd rapidement du poids et, sans assistance médicale, peut mourir.

L’amélioration de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement est déterminante pour prévenir la sous-nutrition, tout comme l’éducation à des règles d’hygiène de base. Par exemple, se laver les mains avant de cuisiner ou de manger peut considérablement diminuer le risque de contamination, de diarrhées, et donc de sous-nutrition.

Nous demandons que les gouvernements et la communauté internationale assurent à chaque personne, qu’elle vive dans un bidonville en Inde ou dans un village isolé du Nigeria, un accès à une eau potable et saine, à des toilettes et à des moyens d’hygiène.

 

Accès à la santé et à la protection sociale

 

Aujourd’hui, moins d’1 enfant sur 5 atteint de la forme la plus grave de sous-nutrition reçoit un traitement. La vie des autres, ces 4 enfants sur 5 qui ne pourront pas être traités, est en suspens.

 

Il faut donner à chaque enfant souffrant de sous-nutrition l’accès au traitement dont il a besoin. Ce traitement doit être inclus dans les services de santé et accessible à tous, gratuitement.

Concrètement, cela veut dire investir dans la formation des professionnels de santé et dans l’augmentation du nombre de centres de santé. Mais cela signifie aussi mieux faire connaître ce qu’est la sous-nutrition aiguë et les solutions pour aider les enfants à s’en sortir.

La sous-nutrition doit être diagnostiquée par les agents de santé au même titre que les maladies infectieuses. Sa prévention doit être placée au même niveau que le traitement des enfants atteints : même traitée, elle peut affecter la santé d’un enfant à long terme.

La lutte contre la sous-nutrition permet aussi de mieux lutter contre d’autres maladies dont elle est une cause sous-jacente, comme la pneumonie.

Amélioration du statut des femmes

 

Les femmes sont des actrices essentielles dans la lutte contre la sous-nutrition. Leur santé, leur bien-être, leur accès aux connaissances et à l’éducation, leur degré d’autonomie : tout y contribue.

 

D’une part, la bonne santé des mères est fondamentale pour celle de leurs enfants. Une femme en bonne santé a plus de chances de donner naissance à des enfants en bonne santé eux aussi, et donc ayant de meilleures chances de survie.

Par ailleurs, il est nécessaire d’encourager l’accès des femmes au savoir, à l’éducation et aux moyens de production. Il faut aussi favoriser leur autonomisation économique, par exemple à travers la mise en place de systèmes de micro-épargne à l’échelle locale pour leur permettre de lancer une activité génératrice de revenus. Contribuant à l’équilibre financier du ménage, elles ont ainsi davantage de poids dans les décisions familiales, notamment dans les décisions qui concernent les dépenses. Or souvent, les femmes investissent en priorité dans le bien-être de leurs enfants, et en particulier dans une alimentation riche en nutriments.

Pour lutter efficacement contre la sous-nutrition, les gouvernements et la communauté internationale doivent donc faire du bien-être et de l’autonomisation des femmes une priorité.

Éducation

La sous-nutrition a des conséquences  dramatiques sur le développement cognitif de l’enfant. Une bonne nutrition est donc essentielle à la réussite scolaire et à l’éducation. L’éducation est aussi un vecteur essentiel de lutte contre la sous-nutrition : en connaissant cette maladie et les autres, en apprenant des gestes simples pour la prévenir. Et en sachant comment bien se nourrir, on protège sa santé et celle de ses proches.

Pour apprendre comment implémenter ces changements nécessaires et le rôle que la France a à jouer dans cette lutte, découvrez nos demandes.

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