Pourquoi la campagne ?

GN Phillippines

Il faut prendre des mesures ambitieuses dès maintenant pour mettre fin aux décès d’enfants liés à la sous-nutrition !

Ces dernières décennies, les gouvernements, la société civile et la communauté internationale se sont unis afin de prendre des mesures fortes concernant la pauvreté et la santé dans le monde. De nombreux progrès ont été réalisés : à titre d’exemple, on a pu observer une forte diminution du nombre d’enfants mourant de maladies telles que le paludisme ou le SIDA.
Cependant, la sous-nutrition aigüe, une des principales causes de décès infantile, reste encore ignorée des politiques de développement.

Afin de créer une mobilisation mondiale contre ce fléau, la campagne Génération Nutrition est déployée simultanément en France et dans plusieurs pays du monde, qu’ils soient bailleurs d’aide publique au développement ou touchés par la sous-nutrition aigüe. Parce que cette dernière est à la croisée de nombreux facteurs, la campagne se nourrit de la mobilisation d’ONG diverses, engagées dans un large éventail de secteurs.

L’objectif de la campagne ?

Mettre fin aux décès d’enfants directement liés à la sous-nutrition aiguë en:

  • renforçant la prévention ;
  • permettant l’accès au traitement pour tous ;
  • créant un environnement favorable, grâce à une mobilisation politique et populaire en faveur d’actions efficaces contre la sous-nutrition, au Nord comme au Sud.

Avec une volonté politique suffisante, nous pouvons mettre fin à la sous-nutrition en une génération.

La France et le monde n’ont pas le droit de se résigner, soyons la génération qui dira NON à la sous-nutrition.

Pourquoi maintenant?

Avec l’adoption des ODD* (Objectifs de développement durable) en septembre 2015, la communauté internationale s’est fixé pour objectif de mettre fin à toutes les formes de malnutrition d’ici à 2030. Cette prise de conscience n’a cependant pas été accompagnée de mesures suffisantes pour y faire face, surtout de la part de la France, qui est pourtant 5ème bailleur mondial d’aide publique au développement ! Elle doit maintenant prendre les engagements financiers qui lui permettront de contribuer pleinement à la réussite de ce projet. Avec l’appui des gouvernements et de la société civile, faisons de l’année 2016 un grand moment pour la lutte contre la sous-nutrition !

* Les ODD ont succédé aux OMD (Objectifs du millénaire pour le développement). Ils définissent les grands défis mondiaux à relever.

Nos demandes

Ces dernières années, la France a démontré son engagement en matière de santé maternelle et infantile au travers du programme Muskoka et a lutté pour améliorer l’accès à la santé des moins de 5 ans avec l’Initiative Santé Solidarité Sahel. Pourtant, la nutrition reste peu intégrée dans ses efforts.

Alors que les Nations-Unies viennent de proclamer 2016-2025 Décennie d’Actions sur la Nutrition, Génération Nutrition souhaite faire de l’année 2016 un tournant dans la lutte contre la sous-nutrition.

Face à des besoins conséquents et des moyens disponibles insuffisants, il est crucial que la nutrition, jusque-là largement sous-financée, soit portée au rang de priorité par les bailleurs internationaux, et notamment la France.

Pour atteindre cet objectif, en 2016, Génération Nutrition demande à la France :

Plus de financements bénéficiant à la nutrition

La France doit s’engager à contribuer à hauteur de 500 millions d’euros à l’amélioration de la nutrition dans les pays en développement d’ici à 2020. Sur ces 500 millions, 200 devraient être destinés à des interventions nutrition dites « spécifiques » dont le but principal est d’améliorer la nutrition, comme celles qui portent sur l’allaitement ou le traitement de la sous-nutrition aiguë.

Une mise en œuvre de la feuille de route nutrition

Cette feuille de route a été élaborée dans le cadre d’une concertation entre plusieurs ministères, l’Agence française de développement, des institutions de recherche, des ONG, des fondations et la profession agricole. Elle vise à améliorer la prise en compte de la nutrition dans les programmes et stratégies de développement de la France dans 8 pays cibles à horizon 2020. Génération Nutrition demande :

  • le portage politique de cette feuille de route par la France ;
  • le financement de cet outil programmatique ;
  • la publication d’un rapport tous les 2 ans pour suivre l’évolution des indicateurs nutrition ;
  • un élargissement de la feuille de route à au moins tous les pays pauvres prioritaires d’ici à 2020.

Plus de redevabilité et un meilleur suivi des financements engagés

La France doit améliorer le suivi de ses investissements en matière d’aide à la nutrition et agir pour la mise en place d’un système commun de suivi pour tous les donateurs. Ainsi, il sera possible de comptabiliser clairement et de comparer les investissements des donateurs au niveau international. Il est aussi important que soient développés des indicateurs d’impact pertinents afin de pouvoir mesurer l’efficacité des initiatives nutrition, et ainsi de pouvoir les améliorer.

Une plus grande contribution à la sous-nutrition des programmes sectoriels existants

Parce que la sous-nutrition est le résultat d’une conjonction de nombreux facteurs, Génération Nutrition prône une approche multisectorielle du problème. Ainsi, la nutrition doit devenir un axe fort des politiques et programmes menés dans les secteurs de la santé, de la sécurité alimentaire, de l’eau, l’hygiène et l’assainissement, l’éducation et la formation, le genre et le changement climatique. Cela se traduit par :

  • une plus grande prise en compte de la situation nutritionnelle en fixant des objectifs nutritionnels dans les zones d’intervention présentant des taux de sous-nutrition élevés ;
  • une meilleure analyse, a priori, des impacts prévisibles des projets, pour s’assurer qu’ils ne nuiront pas au statut nutritionnel des populations.

Pour plus de précisions quant à nos demandes, n’hésitez pas à consulter notre document de position pour 2016.

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